INTERVIEW - CORONER (2011)

CORONER (2011)

S’il est un groupe que l’on pensait ne jamais pouvoir interviewer, c’est bien Coroner. Depuis leur séparation en 1996, tout espoir de reformation semblait vain. Jusqu’à cette bannière aperçue au Hellfest 2010 proclamant le retour du trio sur la prochaine édition de l’événement. Mais qu’est-ce que Coroner ? Juste une magistrale baffe assénée dans les années 1980, quand trois petits Suisses ont montré à la scène metal que thrash pouvait rimer avec haut degré de technicité. Impossible d’oublier la claque reçue à la première écoute de ‘Masked Jackal’. Impossible d’oublier ce concert dantesque à l’Usine où les roadies ont dû déplacer tout le matériel du groupe au fond de la scène pour laisser celle-ci libre au stage-diving incessant. Alors que Coroner fera son retour sur scène le 23 avril aux Docks de Lausanne, le batteur Marquis Marky évoque cette renaissance chargée en émotions.



- Marquis, la question qui brûle les lèvres de tout le monde est de savoir ce qui a pu vous motiver, après tout ce temps, à reformer Coroner.

La motivation principale était l’argent, évidemment. Après les quelques shows qui vont venir on va enfin pouvoir arrêter de travailler dans nos mines respectives pendant quelques années. Non je déconne ! Soyons sérieux. Tu sais, ça fait dix ans à peu près qu’on voit tous ces blogs où les gens continuent à parler de nous. Tu vois sur YouTube des clips de jeunes qui s’évertuent à faire des reprises de nos morceaux. Comment te décrire le compliment que cela peut être pour nous ? Tu imagines ? Ça fait depuis 1996 qu’on a splitté. Maintenant en ce qui me concerne, il n’était pas question de rejouer la musique composée il y a vingt-cinq ans. Tommy (T. Baron, guitariste), Ron (Royce, chant, basse) et moi avons eu beaucoup de discussions sur le sujet. On s’est rencontrés en 2009 pour réunir les différentes vidéos que l’on avait archivées dans l’optique de créer un DVD ou quelque chose du style sur Coroner. Une chose en entraînant une autre, on nous a proposé de jouer dans quelques festivals et, quelque part, ça nous a rapprochés, donné envie de refaire des jams ensemble… Ça faisait tellement longtemps ! Mais bon, c’était moins catastrophique que je ne le craignais.

- Beaucoup de personnes pensaient que cette reformation n’aurait jamais lieu. Franchement durant toutes ces années, est-ce que tu as pensé qu’un jour cela se produirait ?

Je ne parle qu’en mon nom : je n’ai jamais fait de gros efforts pour qu’on se réunisse et qu’on rejoue les mêmes choses qu’avant. Bien sûr, les tournées me manquent. Mais j’ai exploré d’autres styles musicaux comme la musique électronique que j’ai toujours aimée. Je me suis vraiment amusé à créer moi-même des lignes de basses, des mélodies et des rythmiques. Un de mes projets était appelé Spoo et un autre Knallkids. C’était vraiment agréable de profiter de cette scène très créative dans les clubs, ici à Zurich, ma ville natale, qui était considérée comme si ennuyeuse quelques années auparavant. J’étais trop occupé avec tout ceci pour regretter les années Coroner. À la fin des années nonante, j’avais rejoint Tom G. Warrior pour son projet Apollyon Sun et ça a duré deux ans. En fait, c’est la dernière fois que j’ai joué de la batterie dans un groupe. Tommy, lui, a monté Clockwork juste après Coroner. Il a été très occupé à tourner avec Stephan Eicher et Kreator après ça. Actuellement, il est sur scène avec 69 Chambers et est producteur dans son propre studio, le New Sound Studio. Ron a également travaillé sur du nouveau matériel au cours des années passées, mais il n’a jamais rien sorti jusqu’à maintenant.

- Comment s’est déroulée votre première répète ? Ce n’était pas un peu bizarre de remettre Coroner sur les rails ?

Je te mentirais si je te disais que la première répète n’a pas été un vrai ‘trip’. Tous les souvenirs me revenaient en tête. Tu sais, les premières années, on jammait six jours sur sept. Sans blagues ! On se sentait super mal dès qu’on faisait un break de deux ou trois semaines. Et là, ça faisait quatorze ans !

- Vous aviez un niveau technique remarquable à l’époque. A-t-il été facile de retrouver cette maîtrise ?

C’est vraiment beaucoup de boulot pour retrouver notre niveau de 1996 évidemment. Mais je pense qu’on en était tous conscients et on ne s’attendait pas vraiment à des vacances à la plage. Pour le moment, ça ressemble plus à un camp d’entraînement, disons.

- Avez-vous déjà une idée des morceaux qui feront partie de la nouvelle aventure de Coroner ?

Nous allons certainement jouer les morceaux de notre ‘Farewell Tour’, incluant des titres de la première époque comme ‘Reborn Through Hate’, ‘Masked Jackal’ mais également les trucs plus récents comme ‘Golden Cashmere Sleeper’ ou ‘Internal Conflicts’. Après toutes nos tournées, on sait quels morceaux on a du plaisir à jouer et ceux que les fans aiment écouter live. Il y a des chansons qui donnent super bien sur album mais qui n’ont pas le même impact sur scène. On aura la chance d’avoir Daniel Stössel qui jouera du synthé et des samples pour les gigs à venir. Il était déjà avec nous sur la dernière tournée pour créer l’atmosphère. On aura aussi notre ‘quatrième membre’, Lu Cubello (chanteur de Clockwork et à la tête du staff Coroner) qui fera les dates avec nous et chantera sur ‘Der Mussolini’.

- Sur les forums et les blogs, on peut lire beaucoup de réactions positives quant à votre reformation. Les gens semblent attendre beaucoup de votre retour. Ressens-tu cette pression ?

Évidemment, il y a beaucoup de pression qui vient d’un peu partout, nous y compris. Tu as toujours ce souvenir un peu flou quand tu te rappelles un truc du passé… Du genre : le meilleur film que j’aie vu ou le meilleur concert auquel j’aie assisté. Peut-être qu’on enjolive trop le passé et il y a un risque d’être déçu, que ce que tu vois dans le présent ne ressemble pas aux souvenirs du ‘bon vieux temps’. Mais sois sûr qu’on va s’éclater. Bien sûr, le metal a beaucoup évolué depuis notre split, mais l’avantage de Coroner est que notre style est unique et ce sera un vrai voyage dans le passé et les origines du thrash metal. On va proposer quelque chose de juste et honnête.

- À propos d’Internet, j’ai été plus qu’étonné de voir que vous n’avez même pas un site web officiel. C’est un problème de temps ou vous n’êtes pas intéressés par ce média ?

Le site de Coroner était tenu par une Américaine, Carol, fille de Lilith. Elle a fait un super boulot sans aide. Même si on ne s’est jamais vraiment impliqués, on était plus que satisfaits de la plate-forme qu’elle a créée. Après pas mal d’années, elle a décidé d’arrêter de tenir le site à jour mais il est toujours disponible sous coroner.awardspace.us.

- Pas mal de gens espèrent que cette reformation débouchera sur de nouveaux morceaux, et, pourquoi pas, un nouvel album. Quels sont vos plans ? Vous avez déjà des labels qui vous ont contactés ?

On n’a pas de plans actuellement pour sortir du nouveau matériel. Peut-être que nous retournerons travailler sur notre idée de DVD, à la fin de l’année.

- Les shows sont également un sujet brûlant. Vous allez commencer par le show aux Docks de Lausanne, durant l’Impetus Festival, le 23 avril prochain. Pourquoi avoir choisi ce festival pour votre retour ?

On a juste l’intention de jouer dans quelques festivals. Il n’y a pas de raison particulière derrière notre venue à l’Impetus pour le premier show… Mais par contre, c’est génial que le premier show se fasse en Suisse.

- Je sais que vous allez également jouer au Hellfest. Avez-vous d’autres festivals en tête ?

Après l’Impetus, le deuxième concert se ferra au Maryland Death Festival, à Baltimore, le 29 mai. Après, il y aura le Hellfest, le 18 juin, puis le Bloodstock Festival, en Angleterre, le 23 août. Je sais qu’il y aura encore quelques shows en Suisse après ça, mais c’est tout pour le moment.

- On arrive déjà au bout malheureusement, je te laisse le mot de la fin pour les fans…

Tout ce que je peux dire c’est qu’on n’en peut plus d’attendre de détruire au maximum vos tympans et vos nuques ! Reborn Through Hate !

coroner.awardspace.us

Indy

Interview réalisée par e-mail en février 2011

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mis en ligne le : 14.04.11 par indy

INTERVIEW - The Ocean (2010)

The Ocean a enregistré quelques pistes de leur dernier album ‘Anthropocentric’ au Studio Mécanique, à La Chaux-de-Fonds. Pendant son mixage en août, le groupe a entrouvert la porte afin qu’une petite oreille vienne s’y glisser et entende une esquisse de l’album, encore à l’état brut, et assiste à une petite partie de son élaboration.



En poussant la porte d’un vieil immeuble industriel, on ne s’imagine pas tout ce qu’on peut y découvrir. Nous sommes dans les hauteurs de La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel. Derrière cette porte, après quelques volées de marches, se trouve le Studio Mécanique. Peint en orange, le studio est accueillant et baigné de la lumière du jour. Des tas d’amplis, d’ordinateurs et autres matériels audio remplissent la pièce. Les néophytes auront envie de jouer avec les boutons, mais n’en feront rien, l’ambiance est studieuse. Robin Staps, guitariste et fondateur de The Ocean, et Julien Fehlmann, un des ingénieurs qui dirige les lieux, sont en plein processus de mixage de l’album ‘Anthropocentric’, qui sortira en novembre.
Rien n’est fini et tout reste à faire. La plupart des pistes sont déjà enregistrées. C’est durant la prise de son que le morceau prend forme. Pour cette raison, il est important d’être très attentif au choix de l’instrument, du micro et de l’endroit où les compositions seront enregistrées. ‘Après cette étape, une phase de retouche des prises est souvent nécessaire’ indique Fabian Schild, un ingénieur du Studio Mécanique. Une fois que le morceau a été enregistré, le mixage à proprement parler peut commencer. ‘Le mixage consiste à créer un puzzle avec tous les éléments enregistrés. Il faut former les pièces pour que tout s'emboîte parfaitement’, renchérit Fabian Schild. C’est un travail de fourmi car chaque seconde enregistrée a besoin d’attention. Il faut désormais égaliser les pistes (ajouter plus de basses ou d’aigus) afin de les sculpter et faire en sorte que chaque instrument sonne au mieux, et ensemble. Ainsi que régler les problèmes de transition entre les prises, leur volume sonore, s’assurer que le rythme est continu, etc. Il faut former les deux pistes, gauche et droite (une pour chaque oreille), qui seront plus tard retravaillées lors du mastering. Bref, c’est une étape cruciale durant laquelle la musique prend forme. C’est à ce moment-là qu’elle devient un tout, une unité. Il faut préciser que le metal n’est pas la musique la plus aisée à mixer. C'est un style extrêmement produit. Beaucoup de travail est à faire sur le son des prises, qu’on enregistre dans cette optique. Par exemple, la guitare avec distorsion a un spectre très large et il faut des doigts de fées comme ceux de Julien Fehlmann pour que tous ces éléments forment un tout et que la magie opère.
À La Chaux-de-Fonds, le mixage durera une quinzaine de jours, avec en plus quelques prises additionnelles. Le temps est compté, mais apparemment, être isolé dans les montagnes neuchâteloises aide à se concentrer. ‘C’est comme un repaire d’ermite, confie Robin Staps, il n’y a pas trop de distractions qui m’empêchent de travailler.’ Entre les festivals de l’été et une tournée avec Dillinger Escape Plan, puis avec Anathema, l’album doit être terminé. Pourtant pendant la pause de midi de l’ingénieur du son, Robin Staps a quand même pris le temps d’appuyer sur ‘play’ pour me faire écouter quelques pistes sur lesquelles ils sont en train de travailler.
‘Anthropocentric’ est dans la continuité de son prédécesseur ‘Heliocentric’. Ils se reflètent, et se répondent. Ils forment un diptyque, tant du point de vue de leur concept, que de la musique. Selon Robin Staps, l’album sonne typiquement comme The Ocean ; une base épique, avec des éléments plus progressifs ; sombre et lumineuse, calme et puissante. On s’imagine volontiers immergé dans l’immensité de l’océan lorsqu’on l’écoute. Des voix claires et hurlées, des moments acoustiques ou saturés, instruments classiques ou batterie hyper carrée, le ressac va et vient entre vos oreilles. Un tableau vivant de la mer élaboré au milieu des montagnes.

www.studiomecanique.ch
www.theoceancollective.com
Diane

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mis en ligne le : 31.03.11 par Kelly

INTERVIEW - LUFF (2010)

Le festival du film de Locarno programmait cette année le dernier film de Bruce Labruce, 'L.A. Zombie', un porno avec des zombies gays aux ouvertures multiples avec dans le rôle principal un François Sagat avec une bite-dard qui pourrait être celle de Godzilla. Si un festival avec une réputation aussi prestigieuse que celle de Locarno projette un film dont le réalisateur est haï par la critique, est-ce que qu'un festival dit 'underground' arrive encore à avoir une programmation qui se tient en marge de celles des grandes institutions ? On est tenté de se poser la question, mais après quelques jours passés dans cette neuvième édition du Lausanne Underground Film And Music Festival, il n’y a plus de doute sur le fait que ce festival porte bien son nom.



Se déroulant en partie dans le casino de Lausanne, envahi pour l’occasion par des installations paranoïaques rappelant les écrans de TV de Nam June Paik, l’ambiance est dès le départ intrigante. Et lorsque l'on voit que Jörg Buttgereit est membre du Jury et a une rétrospective programmée, on sait que l’on ne va pas être déçu en matière de contre-culture. Le fameux réalisateur des 'Nekromantik', bien connu des réseaux undergrounds de l’interweb, tape dans les sujets repoussants, comme la nécrophilie, le serial killer et le suicide, le tout avec un humour macabre, indécelable par certains. Il se démarque toutefois du simple film gore gratuit grâce à des cadrages étudiés et arrive à dégager une vision froide, oppressante et pessimiste, ce qui lui vaut l’étiquette de réalisateur de 'films d'horreur d'art et d'essai'. Mais vouloir trop intellectualiser son art serait une erreur, parce que s'il est connu pour choquer, c'est qu'il le fait efficacement. Que ça soit dans les deux volets de 'Nekromantik' que je citais tout à l'heure ou des films (érotiques ?) pour nécrophiles, où l’on peut notamment comprendre comment éjaculer du sang. 'Schramm', peut-être moins connu, arrive à ne pas tomber dans le cliché du tueur surdoué et machiavélique du 'Silence Des Agneaux' en montrant un meurtrier esseulé vivant dans un appartement crasseux. En tant que Jury, Buttgereit dira de 'Trash Humpers' (prix du Jury) lors de la cérémonie de clôture : 'L'image est merdique et les gens disent que c'est de la merde. C'est donc le seul vrai film underground de la compétition'. 'Trash Humpers', littéralement 'baiseurs de poubelles', doit effectivement être le pire film du festival au sens académique : filmé sur des bandes VHS usées, le dernier Harmony Korine suit une bande de vieux punks plus dégueulasses les uns que les autres. Subversif jusque dans sa forme, à contre-courant, loin de la perfection que vise la HD, ce dernier film de l'auteur de 'Gummo' est radicalement obscène et n’est pas sans rappeler le style décadent des vidéos de Paul McCarthy. On est plongé dans un portrait de l'Amérique profonde, dans lequel le white trash fait à la fois rire et peur. On pourrait presque y voir une genèse de Jackass, sauf qu’ici la 3D est inutile pour comprendre le néant de la bêtise. Dans un autre registre, une partie du travail du réalisateur français Jean-Louis Van Belle était à découvrir dans cette édition. Véritable showman, Van Belle a débuté dans l’érotique (les fans de Jean Rollin adoreront), pour finir par faire des films étranges considérés par certains comme dada. Le site Nanarland ose, lui, la comparaison avec Ed Wood pour ‘Le Sadique Aux Dents Rouges’. Vouloir trancher entre les deux n’est pas spécialement intéressant, mais en revanche voir ‘Paris Interdit’ l’est fortement. Ce documentaire de 1969 sur des freaks de Paris propose toute une série de portraits plus improbables les uns que les autres, allant du fakir et sa troupe de groupies, aux leçons de strip-tease pour ménagère vivant en HLM qui a besoin d'un petit ‘boost’ à sa libido, en passant par des néo-nazis et leurs cultes absurdes, lors desquels ils brûlent des poupées et se dessinent de petites moustaches emblématiques. En marge des films atypiques et sanglants, le spécialiste du porno français des années septante, Christophe Bier, avait une carte blanche lors de laquelle il présenta plusieurs films mémorables de cette période. Ainsi, ‘Les Goulues’ permet de se rendre compte à quel point le genre a évolué : la narration avait presque autant de poids que les scènes d'action et on trouve dans le casting un hardeur papy de septante ans (une vision aujourd’hui bien plus effrayante qu’un François Sagat et sa bite-dard).

La sélection des courts-métrages était particulièrement bien fournie, répartie en trois catégories. Dans l'animation, le thème de la nourriture se retrouvait à travers plusieurs des sélections, dont ‘The Cow Who Wants To Be A Hamburger’ de Bill Plympton, dans un univers coloré et drôle, avec un trait simple et incroyablement efficace. ‘A Royal Nightmare’ d'Alex Budovsky, est aussi à mentionner, son esthétique sobre composée de silhouettes noires sur fond blanc est également amusante, avec un petit roi cherchant à garder sa place en haut de son château face à des attaques ennemies. Dans les courts de fiction, ‘You're The Stranger Here’ de Tom Geens sort clairement du lot, dans lequel on découvre une société totalitariste à la 1984, aux moeurs particulières. Un réalisateur à suivre, qui sait mettre en place un climat oppressant mais non sans oublier d’y inclure une certaine dose d’humour. Dans les films expérimentaux, pouvant être qualifié de non narratif, ‘Tusslemuscle’ de Steve Cossman propose un collage particulièrement intriguant, en reprenant des images de fleurs et en faisant un collage stroboscopique qui devient hallucinant comme certaines scènes d’Altered States. ‘M’ de Félix Dufour-Laperrière a une esthétique sobre et intrigante, avec des surimpressions de croquis formant des architectures en mouvement, comme des cellules qui se dupliquent. ‘Dromosphere’ de Thorsten Fleisch a une image également étonnante, avec un dispositif transformant à travers l'oeil de la caméra un modèle réduit de voiture en traînées de couleurs. Le film sûrement le plus médiatisé du festival, 'Rubber', de Quentin Dupieux (plus connu sous le nom de Mr. Oizo), rappelle les films des Monty Python, avec une histoire complètement absurde et pleine de non-sens, qui met en scène un pneu aux pouvoirs télépathiques meurtriers. Si ce pitch est des plus prometteurs, le film manque malheureusement de substance pour être totalement réussi et use jusqu’à la corde les idées qui le composent. Il ne surpasse donc pas ‘Steak’, du même auteur, qui contenait bien plus de matière et d’idées loufoques.

Quant à la musique au LUFF, on la retrouve au cœur de certains films comme ‘We Don't Care About Music Anyway’. Ce film de Cédric Dupire et Gaspard Kuentz se penche sur le noise et les musiques expérimentales de Tokyo, en les mettant en relation avec l'environnement urbain dans lequel vivent les artistes, parmi lesquels Yamakawa Fuyuki, L?K?O et Takehisa Ken. Si certaines comparaisons semblent par moments anecdotiques, ce film faisant penser à un long clip entrecoupé de discussions, est sans aucun doute à voir par tous les fans de sons dissonants. Le punk radical du Detroit des années nonante était également à l'honneur avec des courts-métrages réalisés par des membres du groupe Destroy All Monsters, qui archivent avec leurs films une scène alternative qui a vu émerger des groupes tels que les MC5, dont la disparition dans l'incendie d'un motel reste encore mystérieuse, entre pluie de météorites et complot extra-terrestro-chrétien. La vérité est de toute façon ailleurs. En dehors des salles de cinéma de Lausanne, la galerie 1m3 présentait d’ailleurs une rétrospective d’affiches des Destroy All Monsters. L’occasion de replonger dans le psychédélisme des années septante et des créatures du cinéma bis de la même période et d'avant, avec en prime une sculpture d’un blob nourrit aux peluches. Les quelques morceaux qu'ils joueront lors du vernissage nous renverront aussi entièrement dans l'ambiance de ces années, avec une sorte de punk psyché, faisant penser aux Sonic Youth en moins arty, mais en plus scato. Dans un genre plus électronique et actuel, la soirée du samedi était à faire. En ouverture de cette soirée, Oneohtrix Point Never jouant majoritairement des compositions de son magnifique dernier album 'Returnal', dont l’atout majeur est de faire de la musique expérimentale sans pour autant rejeter les mélodies, fabriquant ainsi des sonorités qui sont à la limite du bruit et de la musique. Fennesz, également signé chez le label Editions Mego, utilise le même genre de compositions et ressemble à du Boards Of Canada mélangé à des fréquences parasites, instaurant une ambiance quasi-onirique dans la salle. Pour terminer en beauté, Nicolas Chevreux, boss du label Ad Noiseam, mixa les dernières sorties dubstep lourdes comme on les aime, parmi lesquelles se côtoyaient Niveau Zero et Matta. Le lendemain soir, en clôture, Bruce Gilbert (membre de Wire) fit sonner les dernières notes du festival avec un live hypnotisant composé de fréquences sous tension les unes avec les autres. Une fin abrupte, qui donne envie de revenir l’année prochaine pour une dixième édition encore plus folle.

www.luff.ch

Muzzo

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mis en ligne le : 30.03.11 par Kelly

INTERVIEW - La Gale (2010)

Pour qui peine à décoller des programmes MTV, le hip hop se doit d’être obèse et bling-bling, saturé de voitures et demoiselles rutilantes. Mauvaise image souvent difficile à dépasser, faute d’intérêt médiatique véritable pour cette scène. En Suisse romande, le hip hop se décline en mode underground : à Lausanne, sa voix est féminine, rageuse. Loin d’être obèse, plutôt couverte dans ses jeans et pulls à capuche, La Gale tranche. Cette année, la jeune femme a réussi l’impossible : enregistrer un album avec le groupe de rap gazaoui Darg Team, et les faire venir jouer en Suisse. Rencontre avec une rappeuse qui rocke.



-Il y a dans ton rap quelque chose de sombre qu’on rapprocherait volontiers du rock, un intérêt prononcé pour le monde arabe et un sens de la révolte franchement punk… La Gale, d’où sort-elle ?

Mon père travaillait dans les métiers du bâtiment, ma mère est une immigrée libanaise. J'ai grandi à la campagne, relativement à l'abri du besoin, dans un univers plutôt working class. Au niveau musical, j'ai pas mal zoné dans les milieux rock puis punk rock, été active en tant que chanteuse et guitariste dans deux groupes quand j'étais plus jeune. C'est une marque de fabrique qui est pour ainsi dire restée. Le rap, j'en écoute depuis gamine, et puis l'écriture c'est pareil, ça a commencé très tôt. En 2005, tout a commencé à se préciser parce que je me suis mise à monter des projets de concerts et mixtapes, notamment avec des artistes du Moyen-Orient, alors que je ne montrais pas encore mes textes. Et puis, fin 2006, j'ai commencé les concerts et les enregistrements.

-Un mélange qui se ressent dans ta musique… Quels sont les univers artistiques qui te parlent ?

(Rires) Putain, dur, j'ai trop de trucs en tête là ! Mais chronologiquement, je dirais que mon père m'a refilé la maladie du rock'n roll et de Johnny Cash, ma mère, c'était plutôt la musique traditionnelle arabe, et les vieux chanteurs français comme Brel et Ferré, qui m'ont sans doute moins influencée que Fairuz ou Oum Kalthoum – les racines, toujours (NdR : ces chanteuses comptent parmi les principales représentantes de la musique populaire arabe du XXème siècle). Mes seize-vingt-cinq ans ont plutôt été martelés par The Clash, Sham 69, de vieux trucs en général, du rocksteady au punk, de la northern soul au hardcore, Refused, Fugazi, les Dead Kennedys, voilà l'éventail ! Évidemment, il y a les incontournables du rap comme la Rumeur, NTM (à l'époque), Le Wu-Tang, Mobb Deep, et dans les plus récents des mecs comme Reef The Lost Cauze, Jedi Mind Tricks. Ces derniers temps, j'écoute vraiment plein de trucs. Du moment que ça correspond à mes attentes. Je n'aime pas trop les clivages.

-Et qu’est-ce qui t’attire particulièrement dans le hip hop ?

Le verbe, la technique, le bitume, la crasse, les gens.

-Si tu devais jeter un regard en arrière, quels sont les moments forts de ton parcours ?

Je dirais que les liens tissés avec les gens au Moyen-Orient ont été parmi les éléments les plus marquants sur mon chemin encore frais de MC. Ensuite, comme je suis un peu une ‘hybride’ entre plusieurs scènes, je dirais que nos concerts (avec Rynox) réunissent pas mal de gens différents. Du coup, il y a des crêtes et du Lacoste qui s'invitent à nos lives et la plupart du temps le mélange fonctionne bien. Dans le moins cool, tous les moments où tu te heurtes de près à la grande limace du music business. On ne laisse personne nous dicter notre comportement et pour ma part j'ai de la peine à mettre de l'eau dans mon vin. Donc ça se passe mal parfois (rires). Sinon des sites d'extrême droite nous ont consacré des pages entières de commentaires sur leurs forums pourris. Mais bon, le but, c'est de les faire chier, alors on a réussi notre coup.

-Justement, ton rap fait partie de la catégorie ‘intelligent’, celui qui véhicule des idées. Qu’est-ce que tu tiens à exprimer ?

Les paroles sont tout simplement primordiales. Et je ne transige pas là-dessus. Au niveau du texte, je dirais que j'essaie de coller au plus près de ce que je suis, sans chichis ni conneries, je décris le tableau comme je le vois, le plus honnêtement et de la manière la plus critique possible. Les thèmes sont variés, ça commence par la caméra qui te filme dès que tu sors de chez toi, ça finit au poste en cellule de dégrisement, ça passera par Beyrouth, par Lausanne, Renens, Paris et sa banlieue, la grosse toile d'araignée est partout, celle du contrôle social et politique. Tant qu'il y aura autant de merde sous mes yeux, je ne pourrai pas parler d'autre chose.

Cette année, tu as enregistré un album avec le groupe de hip hop gazaoui Darg Team. Comment ça s’est passé ?
On a beaucoup travaillé à distance ; l'enregistrement de l'album, la conception des textes, de la pochette, tout. Et puis, à force d'acharnement avec les diplomaties et administrations concernées, Darg Team ont débarqué en Suisse en mai dernier. On a fait quelques concerts et puis ils ont continué de rouler leur bosse, ils ont rencontré d'autres MCs et protagonistes de la scène rap, ils ont bossé sur la création d'une nouvelle mixtape, qui devrait sortir bientôt. C'était chaotique et à la fois une expérience sans pareil.

-Être une fille qui rappe à Lausanne, qu’est-ce que ça implique ?

Être une meuf qui rappe, qui fait de la scène, qui chante, qui danse, bref je veux dire dans les milieux artistiques en général, ça nécessite d'être le plus carré possible techniquement. Souvent, les gens se rattachent à l'image émotionnelle que tu renvoies, sont incapables de la dépasser, n'écoutent au final pas ce que tu fais, se contentent connement de percevoir ta fragilité, ta ‘sensibilité’ de meuf, pour te lâcher en fin de concert : ‘Quand même, qu'est-ce que t'es touchante’. Généralement, je réagis assez mal (rires). Sinon, être une fille, ça te permet une visibilité probablement plus grande que pour un mec, parce que ça a un côté ‘alien’ qui interpelle et suscite la curiosité. Reste à voir ce que tu en fais. Ensuite, Lausanne, ça permet de bosser tranquille, dans une ville plutôt active au niveau du rap, où les ‘familles’ s'entendent assez bien, sans trop de clashs et embrouilles inutiles. À l'étranger, notamment dans des grandes villes en France, ça met un peu la pression et je hais devoir me justifier sur le fait que ‘non, je ne suis pas une bourgeoise suisse qui m'essaie au rap’. Donc on essaie de clarifier rapidement. On a d'autres problématiques, ici, en Suisse, je cherche ni à m'inventer un faux univers de banlieue, ni à dire que surtout je n'ai pas à me plaindre de ce que je vis. Lausanne, ça paraît frais face à une banlieue française, mais la merde est enfouie ailleurs. Dans les administrations, les postes de surveillance, et, bien sûr, dans les banques.

-On connaît le circuit du rock, un peu moins celui du rap : distribution, production, scène, comment ça se passe en Suisse romande ?

Il y a plusieurs familles un peu partout en Suisse, qui malheureusement ont parfois une sale tendance à très peu s'exporter (déjà hors de leurs propres villes). Avec l'arrivée d'Internet et le matos digital, il y a dix MCs qui naissent à la minute sur MySpace, dix mixtapes par jour, carrément, c'est devenu de l'incontinence. Après, comme le rap c'est devenu quelque chose de très morcelé (le rap ‘ghetto’, le rap ‘bling’, ‘electro hipster’, les ‘white trash’ même s'y sont mis, l'abstract, le rap soi-disant conscient, le rap ‘militant’, ...) pfff… c'est le bordel, donc voilà, dur de dresser un panel précis en quelques lignes. Après voilà, si tu veux ‘percer’ en francophonie, il faut l'avouer, il y a beaucoup de choses qui se jouent à Paris, Marseille. Pour le reste du monde, ça reste un peu confidentiel.

-Et actuellement, tu bosses sur quoi ?

Je repousse la sortie de l'album à la fin de l'année, album solo sur lequel je bosserai avec un beatmaker qui va s'occuper de toute la prod musicale du disque. Ça sera groove mais sombre à la fois. Les lives devraient reprendre en avril car là je suis sur deux tournages de films, eh ouais, j'agrémente mon parcours d'autres expériences. Mais chut, je n'en dis pas plus, vous verrez bien.

Géraldine

www.myspace.com/lagalemc

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mis en ligne le : 30.03.11 par Kelly

INTERVIEW - Atomik Plastik Records (2010)

Le quartier du Lignon à Genève, ce n’est pas uniquement une barre d’immeubles austères. Dans un sous-sol discret en zone industrielle, un jeune passionné propose aux groupes de la région de produire leur première maquette et de les aider dans leur promo (photos, page MySpace) ; pour presque rien. Motivé et entièrement acquis à la cause metalique, Sam nous présente Atomik Plastik Records, un studio d’enregistrement qu’il a équipé patiemment pendant cinq ans.



Atomik Plastik Records est né de ta passion pour la musique et de ton envie de faire quelque chose pour la scène locale.
-Peux-tu revenir sur les différentes étapes qui ont mené à la création du studio ?

Atomik Plastik Records est un projet commencé il y a cinq ans. J’avais un groupe punk, CKMD. On a enregistré avec un enregistreur tout pourri qui sonnait mal, à l’arrache dans notre local. À l’époque, je bossais chez Music Arts (magasin d’instruments genevois), j’étais en contact avec des pros et avec du matos, auquel je me suis progressivement familiarisé. Petit à petit, j’ai acheté du matériel de qualité, d’abord un meilleur micro, puis une petite table de mixage, puis un PC avec une bonne carte son,… Quand on a arrêté avec mon second groupe, D.o.M, j’ai récupéré le local dans lequel on répétait pour installer mes affaires.

-Peux-tu nous parler plus en détail de ce que propose Atomik Plastik Records ?

À la base, je pars du principe qu’on peut faire beaucoup avec peu. Le matos ne fait pas tout, avoir des mecs motivés est essentiel. L’idée est de faire une maquette correcte avec peu de fric. J’ai accumulé beaucoup de matos, j’aimerais en faire profiter d’autres groupes, histoire de leur éviter les galères des débuts. Actuellement, je bosse avec une carte son de huit entrées, le logiciel Logic pro, dans un studio presque complètement insonorisé. Je demande cinq cents francs pour une maquette, mais mon but n’est pas de faire de l’argent. Si ce n’est pas gratuit, c’est parce que j’y consacre beaucoup de temps, mais c’est aussi pour conscientiser les groupes. L’idée est que le groupe s’investisse dans le travail d’enregistrement, je ne veux pas avoir de mecs qui viennent pour peaufiner leurs morceaux. Quand ils se pointent en studio, ils doivent être prêts. Il y a là derrière une visée pédagogique : en venant enregistrer ici, les musiciens font une première expérience du studio. Je propose aussi de faire des photos : je m’y suis mis depuis peu et pour des shoots plus pros, le photographe Gabriel Asper propose ses services. Sinon, je m’occupe de créer les pages MySpace. Je ne suis pas ingénieur du son pro, mon travail reste amateur, mais je fais mon maximum. Atomik Plastik Records, tout est dans le nom : ‘atomik’ signifie qu’on veut avancer, ‘plastik’ fait référence au fait qu’on ne peut pas prétendre à une qualité vraiment pro.

-Qu’est ce qui te motive à vouloir faire profiter la scène locale de ton matériel et de ton expérience ?

Ça fait dix ans que je traîne dans le milieu de la zic. J’ai constaté qu’à Genève, c’est difficile de faire quelque chose pour les jeunes groupes : on n’a pas vraiment de structures de soutien, trouver un local pose problème, jouer dans des salles n’est pas facile non plus. Il y a un paradoxe, car la ville a de l’argent et de la place : on a par exemple la plaine de Plainpalais, on pourrait y faire plein de concerts. Mais voilà, pour les autorités c’est plus acceptable d’accueillir des écrans géants avec du foot. C’est dommage, il y a un potentiel incroyable et beaucoup de groupes souhaitent avancer. Moi, j’ai eu de la chance, j’ai pu acheter du matos, j’ai eu des conseils de pros dans le cadre de mon boulot et j’ai maintenant de quoi enregistrer les groupes de manière correcte. À terme, mon rêve serait de créer un monstre complexe : un truc légal, carré, à la Suisse (sourire), un centre avec plein de locaux aux tarifs acceptables, où les groupes pourraient répéter, une structure avec des gens qui aident à la promo et à la distribution des artistes.

-Quels sont les groupes dont tu t’es occupé jusque là ?

Wild Nation, Handle Care, Disagony, Basement Prophet et mes deux groupes, Ironoya et VermynA.

www.myspace.com/atomikplastikrecords

Géraldine

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mis en ligne le : 30.03.11 par Kelly

FILM - MUM AND DAD (2008)

MUM AND DAD (2008)
Réal. : Steven Sheil, avec Perry Benson, Dido Miles, Olga Fedori, …
2 Am Films, Em Media, Film London



Birdy et Elbie travaillent à l’aéroport. Une nouvelle collègue, Lena, rate son dernier bus pour rentrer chez elle. Les premiers l’invitent à la maison. Elle connaîtra alors les terribles secrets de la famille. Film anglais indépendant, celui-ci fut tourné avec la bagatelle de cent mille livres. Il est normal, dès cet instant, que le film soit plus axé sur la psychologie que le graphisme. Nous sommes conviés à vivre avec une famille de dégénérés qui s’est formée uniquement avec de parfaits inconnus. Le lot quotidien est fait de peur, de terreur, de lavage de cerveaux, de tâches ménagères et de séquestration, de torture et de dépravation. Tout ceci est géré par un père de famille montrant beaucoup de signes de défaillances mentales. Fait intéressant, la maison, délabrée, vieille, est faite d’objets qui semblent pris au hasard et agencés n’importe comment. Le ‘style’ se présente de manière très hétéroclite, et même si vous achetez les fins de stocks chez IKEA, ils ne peuvent pas être si curieux et si mal assortis que ce que l’on voit à l’écran. Une autre belle trouvaille consiste en l’éclairage utilisé, très simple et très sommaire, il semble avoir été étudié pour donner le maximum d’effets. Malgré ces bonnes choses, le film ressent toute cette pauvreté et possède une image de bricolage qui fait que l’on reste sceptique après la vision. [Dom]

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mis en ligne le : 03.03.11 par fulopo

FILM - L’ORPHELINAT (2007)

L’ORPHELINAT (2007)
Réal. : Juan Antonio Bayana, avec Belén Rueda, Fernando Cayo, Roger Princep, …
Esta Vivo ! Laboratorio De Nuevos Talentos, Grupo Radar, Telecinco, …



Laura décide de restaurer l’orphelinat où elle a grandi en un foyer pour enfants handicapés. Son fils Simon, plein d’amis imaginaires, en trouve un nouveau. Un jour, il disparaît en jouant avec son nouveau compagnon de jeu. Le début du film, très joyeux, nous est présenté avec du soleil et des couleurs claires. La suite, plus dramatique avec la venue des mystères, voit les tons s’assombrir. À partir de là, le soleil se fera plus rare et les nuages plus présents. Les jeux seront un des éléments centraux du film avec notamment ‘1, 2, 3, Soleil’ et ‘La Chasse Au Trésor’. Ces divertissements, très innocents pour commencer, vont se révéler plus pervers que cela, au grand dam de Laura et de son mari. Cette notion de jouer, entouré d’enfants, ajoute une sensation de malaise particulière. En plus de cela, Laura voit son passé refaire surface et doit également gérer la disparition de son fils. Ce rôle est très bien tenu par Belén Rueda qui éclipse le reste du casting, que ce soit en qualité et en minutage. Si l’on s’attend à un film d’horreur pur ou un thriller de mêmes caractéristiques, les notions d’amour maternel et d’amitié sont également présentes, et très importantes. Le final poétique et doux amer atteint des sommets en émotions que l’on ne voit pas tous les jours sur grand écran. [Dom]

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mis en ligne le : 03.03.11 par fulopo

FILM - A BITTERSWEET LIFE (2005)

A BITTERSWEET LIFE (2005)
Réal. : Ji-woon Kim, avec Jeong-min Hwang, Yu-mi Jeong, Ku Jin, …
B.O.M. Film Productions Co.



Sunwoo est le bras droit de Kang, un redoutable chef de gang. Après avoir trahi ce dernier et le code d’honneur de la mafia, il est torturé pour obtenir des excuses. Dans son costard cravate taillé sur mesure et tiré à quatre épingles, Sunwoo, durant la première partie, exécute les ordres de manière exemplaire. Situés dans des endroits très haut de gamme, tous les codes du film noir sont présents, enrobés dans une esthétique très léchée, où le style coréen, très présent, rend le film hypnotique. L’action se déroulant lentement, les non-initiés peuvent penser que l’histoire s’enlise et que l’ennui est l’unique sentiment qui s’en dégage. Dès la sublime séquence de la punition sous la pluie battante, jusqu’à celle où Sunwoo s’échappe (ces deux scènes sont à couper le souffle), le film change de registre et on a l’impression d’assister à tout autre chose. Exit les fastes des décors tels que les belles voitures, les appartements de luxe, les villas et les clubs select. Place à un Hongkong miteux, aux endroits mal famés. C’est là que notre héros va préparer sa vengeance et l’exécuter. Celle-ci sera violente, implacable et sans pitié envers ceux qui étaient ses amis quelques jours avant. L’inévitable scène avec les truands complètement nœud-nœud ne manque pas. Nous faisant sourire, elle est bienvenue au sein de cette deuxième partie où l’action ne manque pas. [Dom]

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mis en ligne le : 03.03.11 par fulopo

FILM - THE CHILDREN (2008)

THE CHILDREN (2008)
Réal. : Tom Shankland, avec Eva Birthistle, Stephen Campbell Moore, Jeremy Sheffield, …
Vertigo Films, Aramid Entertainment Fund, Barnsnape Films



Elaine, Jonah et ses enfants (il faut s’accrocher pour se souvenir des prénoms des protagonistes ainsi que de qui est le fils de qui) se rendent chez la soeur de la première pour passer les fêtes de Noël en famille. Rapidement, les enfants commencent à avoir une attitude violente sans aucune raison apparente. Lorsque le film bascule puis sombre dans la folie, les plans se font beaucoup plus courts et les sons beaucoup plus stridents. ‘The Children’ n’a que des qualités et il est à classer aux côtés de films tels que ‘Les Révoltés De L’An 2000’ ou ‘Eden Lake’. En effet, si dans ces longs métrages les adultes refusent de tuer des enfants, dans celui-ci la donne est bien différente ! Ici, ils n’hésitent pas à se défendre et à tuer les marmots pour assurer leur survie. Le détail se situant dans le fait que chaque couple tente de protéger les siens, se contentant d’éliminer ceux de l’autre. Ce qui, comme vous pouvez vous en douter, créera inévitablement quelques tensions, pendant que de leur côté, nos chers petits bambins utiliseront toutes les ruses possibles pour manipuler et attendrir leurs parents. Pour l'apport non négligeable d'une touche de mystère, nous n’apprendrons rien sur l’origine de ce changement de comportement, si ce n’est deux plans évoquant la possibilité d'un virus. Remarquable travail sur les couleurs, pratiquement fluorescentes. [Dom]

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mis en ligne le : 03.03.11 par fulopo

FILM - SAW VI (2009)

SAW VI (2009)
Réal. : Kevin Greutert, avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Mark Rolston, …
Twisted Pictures, A Bigger Boat



Un assureur, inventeur d’une formule lui permettant de calculer les risques encourus, se voit être le nouveau joueur du Jigsaw. Ce dernier l’accuse de décider de qui vit et de qui meurt, sans se soucier de la morale et de l’envie de vivre des gens. Kevin Greutert, monteur de certains films précédents, est lancé au poste de réalisateur. Une surprise vient du fait que les Anglo-Saxons considèrent ce sixième volet comme l’un des meilleurs de la saga. L’intro, outre la première exécution, est dotée d’une belle caméra virevoltante, apportant du sang neuf et de nouvelles émotions. Puis, patatra… Le détective Hoffman remplace toujours le Jigsaw, décédé trois chapitres avant. Tout le monde sait que sans ce rôle, tenu par Tobin Bell, la franchise s’effondre comme un château de cartes. Comme pour les chapitres précédents, nous avons droit à des scènes inédites, à savoir les ‘behind the scene’ et les flash-back de flash-back de flash-back. Cela nous impose de voir les précédents métrages pour y comprendre quelque chose. La lumière verdâtre et le montage cut sont toujours présents, de telle sorte que le spectateur n’est pas dépaysé. Il est certain que quel que soit le prochain réalisateur, le film sera comme celui-ci et comme les précédents. Concernant les meurtres, les nouvelles machines à tuer ne sont pas très imaginatives et pas très gore n’ont plus. [Dom]

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mis en ligne le : 22.02.11 par fulopo

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